L'Europe s'attaque à la concurrence déloyale

En 2017, 48% des importations dans l’Union européenne provenaient des Etats qui ne garantissent pas les droit fondamentaux de l’OIT. 
Ce mercredi 30 mai, après plus d’un an d’âpres négociations, le Parlement européen s’est prononcé en faveur de la modernisation des instruments de défense commerciale de l’Europe. Désormais les instances européennes pourront traquer les ventes à pertes et les différentes triches commerciales plus rapidement et plus systématiquement. Surtout, les normes fondamentales de l’Organisation Internationale du Travail pourront servir de critères pour définir la concurrence loyale. Cette décision fait suite à un combat de longue haleine contre la concurrence déloyale qui menace de nombreux secteurs industriels de l’Union européenne. 
Ces règles, initialement prévues pour s’appliquer aux produits chinois seront finalement applicables à tous les produits hors Union européenne et pourra ainsi potentiellement protéger de manière systématique chaque produit européen ! En se positionnant pour une fois en faveur de la défense de l’emploi et des entreprises en son sein, l’Union européenne démontre que la concurrence équitable ne se limite pas à une dérégulation acharnée ! 
Et il est peu dire que les décisions ambitieuses se faisaient attendre. Depuis 10 ans le secteur de l’acier est sous pression. Après le séisme de la crise, c’est au tour de la surproduction mondiale de menacer les emplois européens. Cerise sur le gâteau, les instruments de défenses commerciales mis en place par l’Organisation Mondiale du Commerce, devenus indispensables à la survie du secteur, sont tombés en désuétude fin 2016. 
L’ampleur de l’enjeu avait été bien compris par ACV-CSC METEA. Dès 2015, nous lancions l’alerte et avertissions les autorités européennes des conséquences dramatiques qu’une réaction trop souple (ou pire, pas de réaction du tout !) pourrait avoir sur nos emplois. Premiers sur les barricades, nous avons œuvrés sur tous les fronts : interpellations multiples des ministres belges et des commissaires européens, manifestations devant les instances européennes. C’est donc un dossier cher à notre centrale qui trouve son aboutissement aujourd’hui. Et pour une fois il semblerait que la mobilisation ait porté ses fruits. 
Évidemment, il est bien trop tôt pour crier victoire. Le chemin vers une concurrence mondiale équitable est encore long. Néanmoins, nous ne nous empêchons pas de noter que la référence aux normes fondamentales de l’OIT est une première démarche majeure et (osons le) historique dans la construction européenne. Dorénavant, le travail des enfants ,l’esclavage, mais aussi la liberté de s’associer (l’existence de syndicats en somme) seront des éléments indissociables d’une concurrence saine ! Aujourd’hui l’Europe affirme pour la première fois que la compétitivité ne se fera pas au détriment des droits fondamentaux ! 
D’ores et déjà, ACV-CSC METEA plaide pour que cette référence aux normes fondamentales de l’OIT devienne un standard des prochains accords commerciaux négociés avec l’Europe !