Les salaires des jeunes à nouveau en discussion

Cela avait été annoncé l’été dernier mais c’est à présent officiellement dans l’escarcelle du parlement: le retour des salaires jeunes, cette fois-ci emballés sous forme de “starters jobs”. La réintroduction de salaires minimum revus à la baisse pour les jeunes travailleurs est soumise au vote du parlement sur proposition du gouvernement Michel. Les salaires jeunes seront introduits à partir du 1er juillet 2018.

Moins de salaire pour les travailleurs de moins de 21 ans

Le gouvernement Michel I a décidé cet été, lors de l’élaboration du budget, de diminuer les salaires minimums des jeunes qui démarrent dans la vie professionnelle. Le salaire brut diminue pour les moins de 21 ans. C’est une façon de donner un coup de pouce aux employeurs pour qu’ils engagent des jeunes. Le gouvernement espère obtenir ainsi 1000 emplois pour les jeunes. 
Le salaire brut des jeunes de moins de 21 ans est réduit de 6%. Ainsi un travailleur de 20 ans touchera un salaire brut de 94 %. Le travailleur de 19 et 18 ans touchera respectivement 88 % et 82 %. Cette diminution des salaires bruts s’applique aux salaires minimum généraux ou sectoriels.  

Quel impact? 

La mesure s’appliquera aux nouveaux contrats à partir du 1er juillet 2018 mais peut avoir un impact sur 
11 000 travailleurs en 3 ans. C’est le nombre actuel de jeunes de moins de 21 ans dans nos secteurs. Nous retrouvons ces jeunes dans les secteurs suivants:
  • grandes entreprises de vente au détail (32 %);
  • fabrications métalliques (22 %);
  • garages (15 %); 
  • électriciens (13 %). 

Pour un jeune garagiste de 18 ans sans expérience ceci représente une perte de 143 euro par mois. Le ministre de l’Emploi, Kris Peeters, se défend en précisant qu’il s’agit uniquement d’une diminution du salaire brut du jeune travailleur. Il ne sentira pas cette mesure dans son porte-monnaie parce que la différence en net doit être compensée/payée par l’employeur. Mais cette mesure va plus loin que le salaire brut et se répercute également sur la prime de fin d’année, le pécule de vacances, le revenu en cas de maladie, de chômage temporaire et la pension.  
Exemple : pour un jeune garagiste de 18 ans sans expérience professionnelle (catégorie A), cela signifie : 
  • Une réduction de € 12,36 à €10,14 de son salaire horaire brut, soit :  
  • Une réduction nette de € 143 de son SALAIRE MENSUEL NET. 
  • Une réduction annuelle nette de € 147 du montant de la PRIME DE FIN D’ANNÉE.
  • Une réduction annuelle nette de € 319 du PÉCULE DE VACANCES. 
  • Une réduction de € 7,51 par jour du revenu en cas de MALADIE. 
  • Une réduction de € 6,08 par jour de l’allocation de CHÔMAGE TEMPORAIRE. 
Pire encore. Cette mesure fait abstraction de la négociation salariale entre syndicats et employeurs au niveau sectoriel. Quel groupe de travailleurs devra se serrer la ceinture en 2019? Les travailleurs âgés? 

Discrimination liée à l’âge

Depuis les premières mesures gouvernementales, nos jeunes militants ACV-CSC METEA mènent des actions contre cette discrimination, avec notre soutien. En janvier ils ont même réussi à bloquer la proposition de loi au parlement. Au printemps plusieurs secteurs ont fait des déclarations paritaires contre la diminution des salaires bruts des jeunes. En effet cette mesure n’est pas obligatoire. Elle donne la possibilité à l’employeur de diminuer les salaires des jeunes sans plus.  
Nos jeunes militants se demandent si cette mesure ne risque pas de diminuer l’intérêt des jeunes pour nos secteurs. Le gouvernement, tout comme nos secteurs, doivent inciter les jeunes à se lancer dans les métiers techniques. Des salaires minimum au rabais constituent purement et simplement une discrimination. Ce sont les prestations qui doivent être rémunérées et pas l’âge.