Reprise des Ateliers Poncin par le groupe Matière

Le tribunal de commerce de Huy a rendu son jugement ce vendredi 14 juillet : il a estimé l’offre de reprise des Ateliers Poncin remise par le groupe français Matière comme la meilleure pour le maintien de l’activité économique et de l’emploi. «Force est de constater que le juge a opté pour les priorités sociales des travailleurs et a rendu son verdict en faveur de l’emploi. Nous ne pouvons que nous en réjouir », indique ACV-CSC METEA.
Selon Maître Pichault, avocat et conseil de la CSC, ce jugement fera sans nul doute jurisprudence dans le cadre d’une PRJ et d’une cession d’activité à un tiers. «Nous espérons que privilégier le maintien de l’emploi et la pérennisation de l’activité économique à une offre financière supérieure servira d’exemple pour le futur», indique ACV-CSC METEA.
La société Matière garantit non seulement la reprise de l’ensemble des travailleurs de chez Poncin ainsi que de quatre membres de Metal Condroz et du représentant commercial de Poncin Lux mais elle s’engage aussi à ne procéder à aucun licenciement dans les 2 ans. En outre, elle a conclu un accord tacite avec les organisations syndicales garantissant leur revenu intégral aux travailleurs en cas de chômage économique par le paiement d’un complément pendant ces 2 ans.
Parmi les atouts de Matière mis en exergue par le juge pour assurer la pérennité de l’activité économique figurent notamment le rayonnement international du groupe dans le secteur de la construction métallique et le carnet de commandes garni dont il dispose. Aspect également très important, le groupe Matière jouissant de tous les agréments nécessaires pour les ouvrages d’art, sa nouvelle filiale belge pourra en bénéficier. De plus, Matière s’engage à doter le site d’Ocquier d’un bureau d’étude intégré et d’un service montage intégré. Enfin, le repreneur annonce un ambitieux projet d’investissement en matériel de 2,3 millions d’euros sur 3 ans et garantit un fonds de roulement nécessaire au fonctionnement normal de l’activité.
Par ailleurs, dans un avenir proche, une vingtaine de nouveaux travailleurs devraient être embauchés pour faire face au carnet de commandes.
« Tous ces éléments sont bons pour l’avenir de cette entreprise locale dont le savoir-faire est reconnu internationalement : maintien et augmentation de l’emploi, investissement dans l’outil, création d’un bureau d’étude à Ocquier, carnet de commandes garni… » estime ACV-CSC METEA.
L’activité ne devrait pas être interrompue pendant les formalités liées à la cession de l’entreprise au Groupe Matière. Malgré la possibilité, il semble peu probable que l’autre candidat repreneur fasse appel de la décision.