FN HERSTAL : La CSC demande la reprise du dialogue social

Après plus de dix jours de grève, ACV CSC METEA et la CNE qui représentent les ouvriers et les employés de la FN Herstal en appellent à la reprise d’urgence du dialogue social. 
«La toute grande majorité des travailleurs de la FN Herstal (ouvriers et employés confondus) souhaitent pouvoir (re)travailler normalement» constatent Béatrice Louviaux, secrétaire principale ACV-CSC METEA, et Françoise Sensi, secrétaire permanente CNE. Depuis le 28 septembre, ils ont connu plus de dix jours de grève et quelques jours de travail dans un climat de tension et d’insécurité. Ils font appel à la responsabilité de tous pour une reprise d’urgence d’un dialogue social constructif.» 
Pas de revendication claire 
Tout a commencé lors des négociations d’entreprise pour les ouvriers. Dans le cadre fixé par l’accord interprofessionnel (AIP), les augmentations salariales ne peuvent pas dépasser 1,1%. ACV-CSC METEA a demandé, après consultation des travailleurs, d’utiliser cette enveloppe de 1,1% pour augmenter les chèques repas qui valent actuellement 2,10 euros. Le pouvoir d’achat des travailleurs aurait ainsi augmenté de 388 euros nets par an. 
La MWB (métallos de la FGTB) voulait une augmentation de 1,1% des salaires, ce qui correspond à 160 euros nets par an pour un ouvrier avec un salaire moyen. Elle a ensuite réclamé 1,1% de plus pour d’autres augmentations soit, au total, 2,2%. La direction a refusé au motif que la norme légale serait largement dépassée et que l’entreprise risquerait des amendes. La MWB a alors décidé seule de partir en grève sans aucune concertation avec ACV-CSC METEA. Les syndicats employés, CNE et SETCA-FGTB, ont aussi été mis devant le fait accompli, personne n’a plus pu entrer dans l’entreprise. Cette grève a sonné le glas des négociations. 
À défaut d’avoir conclu un accord d’entreprise au 30 septembre, les salaires ont été augmentés conformément à l’accord sectoriel. 
Après neuf jours de grève, le 11 octobre dernier, le personnel a pu reprendre le travail mais, sur consigne de la MWB, au ralenti. Cette situation a évidemment provoqué de fortes tensions dans les ateliers et dans les bureaux. Le jeudi 19 octobre, la MWB a décidé, toujours sans concertation et sans dépôt de préavis légal, de bloquer l’entreprise dès le lendemain matin, pour une durée indéterminée. 
De lourdes conséquences 
Les motifs de cette nouvelle grève sont toujours aussi confus. Il est question de privatisation, d’un constat d’huissier, d’obtention de licences, de refus de dialogue, de la présence de la police et de mesures de la direction pour éviter ou sanctionner des dérapages, de nouvelles exigences en matière de flexibilité,… 
«La grande majorité des travailleurs est lasse d’une grève qui s’éternise sans revendication bien définie. Les travailleurs ont déjà perdu plus d’un demi mois de salaire sans savoir pourquoi. La perte financière est largement supérieure à l’augmentation qu’ils ont eue. De plus, avant d’être interrompues par la grève, les négociations étaient en bonne voie. Il y avait moyen d’aller chercher plus, tout en restant dans les normes légales. On sait tous qu’une direction commence à négocier en proposant le mini-minimum… Aujourd’hui, les travailleurs sont trois fois perdants: 1/ Une enveloppe minimaliste pour le pouvoir d’achat, 2/ Pas de chèques-repas, 3/ La grève qui s’éternise» explique Béatrice Louviaux. ACV CSC METEA et la CNE appellent toutes les parties à considérer les conséquences de leurs décisions sur l’emploi et le revenu des travailleurs de la FN Herstal mais aussi de ceux qui travaillent chez les nombreux sous-traitants de la région liégeoise. ACV-CSC METEA et la CNE appellent à la reprise, en urgence, d’un dialogue constructif. 
Au moment de boucler cette édition, on apprenait que la direction de la FN avait convoqué un conseil d’entreprise extraordinaire le mardi 24 octobre.