Grève d'avertissement bien suivie

«Depuis que la Centrale ACV-CSC METEA existe (née d’une fusion entre la CSC Métal et ACV-CSC Textura en 2010), c’est la première fois qu’une grève est suivie dans tout le pays pour nos secteurs, d’Ostende à Mouscron en passant par Liège et Gand», s’exprime, enthousiaste, Walter Cnop, Secrétaire général d’ACV-CSC METEA. «Nous tenons ici à remercier tous nos militants et collaborateurs permanents ou administratifs pour le suivi massif du mot d’ordre de leur organisation syndicale», complète Gabriel Smal, également Secrétaire général ACV-CSC METEA.
Cette action démontre la force de frappe d’une organisation qui est nationale. «Nous sommes organisés de façon à pouvoir faire face à des enjeux purement fédéraux», précise Gabriel. «Nous exhortons le gouvernement à remettre la négociation à la place noble qu’elle a toujours occupée. C’est d’ailleurs cela qui a toujours fait la réputation de notre pays», rappelle quant à lui Walter.
Cette mobilisation est une réussite. Cependant, «nous aurions préféré ne pas devoir aller jusqu’à la grève. Les responsables politiques et les employeurs nous entendent mais ne nous écoutent pas», dit encore Walter. «Les employeurs donnent raison aux politiques en voulant imposer leur point de vue aux travailleurs. Quand ils n’y arrivent pas, ils quittent la table des négociations pour pleurnicher auprès des politiques», complète encore Gabriel.
Pour conclure, les deux responsables politiques ACV-CSC METEA rappellent qu’il s’agit aujourd’hui d’une grève d’avertissement. «Nous tirerons les enseignements des répercussions de cette grève lors de notre prochain Conseil général. Nous prendrons alors les décisions qui s’imposent, en concertation avec les militants de tout le pays», expliquent-ils.

L’opinion des militants

Nous nous faisons plumer toujours plus, et beaucoup de gens n’en ont pas conscience. Les accords que les employeurs ont conclus avec les travailleurs sont vidés de leur contenu, et le gouvernement prend de plus en plus d’argent dans les poches des travailleurs. On estime qu’à carrière égale, un jeune de 21 ans gagnera € 65.000 de moins qu’un travailleur qui part à la pension maintenant.
Hans Schepens , délégué principal Sidmar - Arcelor Mittal, Gand
Les collègues en ont assez des mesures du Gouvernement. On se sent pressés comme des citrons, et cela a un impact négatif sur la façon dont se déroule le travail en entreprise.
Délégué Utexbel, Renaix
Naturellement, le mouvement a été bien suivi. Personne ne s’est présenté pour travailler. Au contraire, nous sommes déterminés à nous battre tous ensemble pour conserver nos acquis et les transmettre à nos enfants.
Franco Scatolini, Mecar, Seneffe
Nous sommes prêts et réclamons des actions plus fortes, plus combattives puisque nous ne nous sentons pas du tout écoutés par le gouvernement.
Daniel Mackels, délégué principal, Câbleries d’Eupen
Cette semaine, nous avons expliqué à tous les travailleurs de l’entreprise ce que ce gouvernement nous réserve: l’allongement des carrières, le blocage de l’index et peut-être même l’instauration d’un système de plus minus conto, … Ces arguments ont suffi pour que la moitié des gens décident de rester à la maison aujourd’hui.
Danny Dewyngaert, délégué principal chez SABCA, Bruxelles