Restructuration chez CP Bourg

Active dans la fabrication de machines pour l’imprimerie et le graphisme, l’entreprise C.P. Bourg a annoncé une restructuration. 88 emplois sur 225 sont menacés. Pour les travailleurs, c’est un coup de massue.

Ce même vendredi noir où Caterpillar annonçait la fermeture de son site de Gosselies, la direction de CP Bourg, à Ottignies, a réuni un conseil d’entreprise extraordinaire pour annoncer son intention de licencier 88 travailleurs sur les 225 occupés sur le site. L’entreprise fabrique des produits destinés au secteur de l’imprimerie et du graphisme.
Entreprise familiale belge, C.P. Bourg a longtemps été leader du marché et a occupé jusque 700 travailleurs. Mais, depuis quelques années déjà, son chiffre d’affaires est en baisse constante suite à la concurrence asiatique. En 2009, elle a licencié 25 personnes. En 2013, elle a fermé son site de Dolhain (près de Verviers) et a à nouveau licencié. Depuis, à Ottignies, certains ouvriers et certains employés subissent des périodes de chômage économique et certaines parties de la vaste usine -située à cheval sur Ottignies et Court-Saint-Etienne- sont quasi à l’abandon.

Fermer, revendre ou redynamiser

«Lors du conseil d’entreprise extraordinaire, la direction nous a expliqué qu’elle a trois possibilités: attendre et faire faillite, revendre, redynamiser l’entreprise. C’est l’option choisie par le jeune patron de C.P. Bourg, explique Lahoucine Ourhribel, permanent ACV CSC METEA. Pour y parvenir, il veut diminuer le nombre de travailleurs car les bénéfices ne sont plus suffisants pour garder l’ensemble du personnel. Puis il veut investir davantage en recherche et développement pour sortir des produits à haute valeur ajoutée. La procédure Renault est déjà en cours. Nous avons convenu de quelques dates de réunions avec la direction pour examiner les chiffres et discuter d’un vrai plan industriel.» ACV CSC METEA veut limiter la casse sociale, proposer des alternatives aux licenciements secs et permettre aux travailleurs qui doivent partir de le faire dans les meilleures conditions possibles. Mais elle veut davantage encore: «Nous refusons que les travailleurs qui devront partir s’en aillent pour rien. , Nous voulons que le plan industriel soit réaliste mais ambitieux et permette d’envisager l’avenir avec espoir. C’est possible, mais il est moins une» affirme Lahoucine Ourhribel.

Conjuguer R&D et production

«Tout le monde pleure au chevet des entreprises industrielles. Pourtant les solutions sont connues et portent entre autres sur trois axes: investir en R&D (recherche et développement), imaginer des produits à innovants à haute valeur ajoutée et former les travailleurs pour qu’ils possèdent le savoir-faire nécessaire pour les fabriquer. On le sait, on le dit. Mais que fait-on? On pleure puis on revient à ses anciennes habitudes. Les responsables politiques et les patrons doivent agir au plus vite» s’indigne le permanent ACV CSC METEA. Pour Lahoucine Ourhribel, C.P.Bourg est le triste exemple de ces entreprises qui paient un manque de vision industrielle souvent dénoncé par sa centrale: «On ne travaille pas assez sur l’anticipation des accidents économiques. La globalisation est un fait. On peut parler de coût salarial, mais on ne concurrencera pas les Chinois sur les prix. Pour les concurrencer, il faut imaginer des produits à haute valeur ajoutée. C.P.Bourg travaille pour un secteur où l’on sait depuis des années que la digitalisation est en marche. La Sogepa a consacré des millions d’euros à l’entreprise, payé des consultants qui se sont succédé… Est-ce la bonne manière? Pour définir une politique industrielle, il faut agir non de manière isolée, mais collective en s’interrogeant sur l’évolution des marchés, en traçant une perspective industrielle globale et, au lieu de les dissocier, lier davantage R&D et production.»
La prochaine réunion aura lieu ce 21 septembre.

Rendez-vous le 29 septembren lors de la grande manifestation interprofessionnelle. Les travailleurs de CP bourg qui seront au côté des travailleurs de Caterpillar pour dénoncer les politiques actuelles qui ne donnent pas suffisamment de perspectives aux travailleurs des entreprises industrielles.